Blogue d’ACCM

Gary Kinsman et Alexis Shotwell, « Récits oubliés : les débuts de la lutte contre le sida à Montréal »

Montréal, VIH
« Récits oubliés : les débuts de la lutte contre le sida à Montréal »
Gary Kinsman et Alexis Shotwell
AIDS Activist History Project | Toronto
27 octobre 2016 | 19 h | Lieu à déterminer
Il y a plus de deux décennies déjà, les militants de Montréal et des alentours ont vécu une époque tumultueuse sur le plan sociopolitique. Durant ces années ont eu lieu la crise autochtone de Kanesatake, d’Oka et de Kahnawake; le massacre de Polytechnique; le meurtre de Joe Rose; le raid policier au Sex Garage; la réponse inadéquate et raciste à la crise du VIH-sida; et bien d’autres conflits encore. Sur la ligne de front, aux côtés des pionniers de la lutte contre le sida – c’est-à-dire des organismes d’aide aux personnes atteintes, tels que Sida bénévoles Montréal et ses ancêtres (dès 1983) –, les militants ont dû évoluer en faisant preuve de créativité et de dévouement. En effet, leur travail s’était grandement complexifié en raison d’un cadre teinté de colonialisme et de nationalisme, sans compter les divisions de toutes sortes, fondées notamment sur la langue, le genre, l’âge et l’orientation sexuelle.

Dans leur exposé, Gary Kinsman et Alexis Shotwell rappelleront à notre mémoire les débuts de la lutte contre le sida à Montréal. Ils traiteront particulièrement du travail de deux associations militantes : Réaction SIDA et ACT UP – Montréal. Ces groupes ont fait des interventions marquantes lors du 5
e colloque international sur le sida tenu à Montréal, en 1989; lutté pour l’accès au traitement et son financement; rédigé et distribué de la documentation explicite sur le sexe sécuritaire en français et en anglais; inauguré le Parc de l’Espoir; et participé à plusieurs des premières organisations vouées aux femmes atteintes du sida. M. Kinsman et Mme Shotwell offriront un aperçu de l’analyse qu’ils ont effectuée à la suite d’entrevues auprès de militants de la fin des années 1980 et du début des années 1990, à propos de leurs réalisations. Ainsi, ils tenteront de mettre en lumière les enseignements que nous pouvons tirer des difficultés auxquelles ces activistes se sont heurté

Établi en terre autochtone, Gary Kinsman est un militant de la première heure de la libération allosexuelle, de la lutte contre le sida et des mouvements anti-pauvreté et anticapitaliste. Il participe actuellement au projet AIDS Activist History, conjointement avec la Queer Trans Community Defence et le Réseau Nous Exigeons des Excuses. Il est l’auteur d’un livre intitulé The Regulation of Desire (Black Rose Books, 1996), co-auteur (avec Patrizia Gentile) de l’essaiThe Canadian War on Queers (UBC Press, 2010) et éditeur des ouvrages Whose National Security? (Between the Lines, 2000) et Sociology for Changing the World (Fernwood Publishing, 2006). Il travaille en outre sur un nouveau livre intitulé The Making of the Neo-Liberal Queer. Il partage son temps entre Toronto et Sudbury, où il est professeur émérite à l’Université Laurentienne. Il y enseigne les notions propres aux territoires historiques et à la Première Nation Atikameksheng Anishnawbek.

Professeure agrégée à l’Université Carleton, Alexis Shotwell s’intéresse au territoire algonquin non cédé et non abandonné. Son œuvre politique porte principalement sur la libération allosexuelle, la décolonisation et la solidarité autochtone ainsi que l’éducation féministe communautaire. Elle est l’auteure des essais intitulés Knowing Otherwise: Race, Gender, and Implicit Understanding (Penn State Press, 2011) et Against Purity: Living Ethically in Compromised Times (Minnesota University Press, 2016). Elle a publié des communications dans les revues spécialisées Signs, Hypatia, The International Journal of Feminist Approaches to Bioethics et Sociological Theory. Ses travaux universitaires portent sur la formation des races, l’incapacité, les connaissances inavouées et inavouables, la sexualité, le genre et la transformation politique.

La présentation aura lieu en anglais.