Utilisation sécuritaire de drogues
L’utilisation sécuritaire de drogues ne signifie pas uniquement utiliser une aiguille propre. Si vous buvez de l’alcool, fumez un joint, vous injectez des stéroïdes ou de la cocaïne, inhalez de la mescaline ou avalez de l’ecstasy, vous pourriez augmenter vos risques d’infection au VIH ou à l’hépatite.
Utiliser les drogues de façon sécuritaire signifie :
• Prendre soin de vous-même;
• Utiliser des drogues dans un environnement sécuritaire;
• Avoir le contrôle sur votre propre corps et sur votre utilisation de drogues;
• Avoir accès à des équipements neufs et propres;
• Respecter vos limites;
• Savoir exactement ce que vous prenez.
Les drogues peuvent être illégales, mais vous avez tout de même le droit de contrôler votre corps et ce qui y entre. Vous avez également le droit de vous respecter, de prendre soin de votre esprit, de votre corps et de vos émotions, et d’utiliser les drogues dans un endroit où vous sentez en sécurité, avec des gens en qui vous avez confiance.
Les drogues elles-mêmes, rester éveillé toute la nuit, attendre en file dehors dans le froid, utiliser de l’énergie pour danser : ce sont tous des stress pour votre système immunitaire. Cela vous rend plus vulnérable aux rhumes et à la grippe, surtout si vous embrassez des gens et partagez avec eux vos bouteilles d’eau. Buvez beaucoup de jus et d’eau, prenez vos vitamines et dormez beaucoup le lendemain.
De nombreuses drogues, une fois leurs effets dissipés, peuvent faire que vous vous sentez déprimé. Vous avez des regrets ? Des pertes de mémoire ? Utilisez la journée du lendemain pour vous détendre et prendre soin de vous. N’essayez pas de résoudre des problèmes avant de vous sentir entièrement mieux.
Comment mon utilisation de drogues peut-elle me mettre à risque pour l’hépatite et le VIH ?
1. Les drogues affaiblissent votre jugement.
Les décisions que vous prenez lorsque vous êtes gelé ou saoul peuvent ne pas être les mêmes décisions que vous prendriez sobre. Par exemple, bien des gens ont des relations sexuelles non protégées uniquement lorsqu’ils sont sous l’influence de l’alcool ou de drogues. Comment pouvez-vous éviter cela ? Ayez toujours des condoms. Apportez-les au bar/club/sauna/rave. Placez-en sur votre table de chevet ou, si vous souhaitez plus de discrétion, sous votre oreiller. Prenez vos décisions au sujet de la sexualité sans risque lorsque vous êtes sobre, et tenez-vous y.
Certaines personnes essaient également des drogues qu’elles n’ont jamais utilisées auparavant sur un coup de tête. À quel point connaissez-vous les gens avec qui vous faites la fête ? Savez-vous ce que vous prenez ? Savez-vous comment vous vous sentirez, comment vous agirez ? Savez-vous à quels effets secondaires vous vous exposez ? Savez-vous ce à quoi il ne faudrait pas combiner la substance ? Faites votre recherche avant de prendre une décision.
2. Les drogues que vous reniflez, fumez et injectez comportent un risque direct d’infection.
Drogues reniflées (aspirer, faire ou tirer des lignes)
Les pareilles et les billets de banque roulés utilisés pour renifler les drogues peuvent également transmettre le VIH, l’hépatite B et l’hépatite C. Il arrive fréquemment que de minuscules vaisseaux sanguins du nez deviennent irrités et éclatent. Comme le sang peut rester sur la paille ou le billet, vous vous y exposez lorsque vous utilisez la paille ou le billet de quelqu’un d’autre. Souvenez-vous que le sang peut être présent même si on ne le voit pas. Utilisez votre propre paille ou votre propre billet lorsque vous reniflez.
Drogues injectées (se piquer)
L’équipement utilisé pour se piquer peut facilement transmettre le VIH, l’hépatite B et l’hépatite C d’une personne à une autre. L’aiguille qui pénètre dans la veine et le corps de la seringue, une fois celle-ci utilisée, contiennent tous deux du sang, tandis que la cuiller et l’étamine peuvent entrer en contact avec le sang lorsqu’on les nettoie. Le contenu de la seringue importe peu lorsqu’une personne s’injecte. Le VIH et l’hépatite ne font aucune discrimination entre les personnes qui s’injectent de l’insuline et celles qui s’injectent des stéroïdes, des vitamines, de l’héroïne ou de la cocaïne. Si vous partagez votre équipement, vous courez un risque. Les utilisateurs de drogues intraveineuses ont 44 fois plus de chances de contracter le VIH que les non-utilisateurs, et en moyenne 15 % de toutes les infections au VIH se produisent par l’entremise de l’utilisation des drogues intraveineuses. Le partage d’aiguilles est de loin la méthode de transmission la plus courante pour l’hépatite C. En utilisant des aiguilles propres ou en nettoyant votre équipement, vous pouvez réduire ce risque considérablement.
Idéalement, utilisez du matériel neuf chaque fois.
À Montréal, on peut obtenir ce matériel gratuitement en visitant certains CLSC et certaines organisations comme Stella, CACTUS, Pact de rue, Spectre de rue et Pré-Fix. Pour plus de renseignements, vous pouvez communiquer avec Drogue : aide et référence 24 heures sur 24 en composant le 514 527-2626. Vous pouvez également communiquer avec nous du lundi au jeudi, de 10 h à 18 h.
Si vous ne pouvez obtenir de nouvelles aiguilles, nettoyer vos aiguilles est grandement préférable à en partager des souillées.
Comment nettoyer votre matériel d’injection ?
Première étape : Remplir la seringue d’eau.
Deuxième étape : Agitez-la pour la rincer. Tapotez-la pour en faire sortir les bulles d’air.
Troisième étape : Expulsez l’eau. Jetez cette eau. Répétez la deuxième et la troisième étape jusqu’à ce que vous ne voyiez plus de sang.
Quatrième étape : Versez de l’eau de Javel dans un verre. Placez l’aiguille dans l’eau de Javel et aspirez celle-ci par la seringue jusqu’en haut. Laissez l’aiguille dans le verre d’eau de Javel et attendez 30 secondes.
Cinquième étape : Expulsez l’eau de Javel dans le verre. Jetez cette eau de Javel afin de vous assurer de ne pas la réutiliser.
Sixième étape : Remplissez de nouveau la seringue avec de l’eau fraîche, expulsez-la et répétez au moins trois fois pour vous assurer qu’il ne reste plus d’eau de Javel. Vous injecter de l’eau de Javel dans les veines ne serait pas agréable.
Si vous craignez d’être trop affecté pour nettoyer le matériel entre les utilisations, suggérez un « nettoyeur désigné » qui s’injectera en dernier.




